Le message est sans ambiguïté. Dans une lettre, le préfet du Pas-de-Calais s’adresse directement aux responsables des hypermarchés et des grandes et moyennes surfaces du département pour leur rappeler leurs obligations légales. En cause : des irrégularités « graves et répétées » constatées lors de contrôles menés dans plusieurs points de vente.
Dans un contexte toujours tendu pour le monde agricole, l’objectif est clair : mettre fin à des pratiques qui pénalisent à la fois les consommateurs et les producteurs. François-Xavier Lauch pointe notamment la « francisation » de produits étrangers, ou encore des présentations laissant volontairement planer le doute sur leur véritable origine. Des méthodes qui peuvent induire les clients en erreur et désavantager les agriculteurs français.
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Un distributeur sur deux concerné
Les chiffres communiqués par la direction départementale de la protection des populations (DDPP) sont révélateurs. En 2025, plus de cinquante établissements ont été contrôlés dans le Pas-de-Calais. Bilan : un distributeur sur deux présentait des anomalies dans la présentation des produits, et un tiers ne respectait pas les règles concernant l’indication de l’origine.
Ces problèmes ont été relevés aussi bien en magasin qu’en « drive », notamment dans les rayons fruits et légumes, boucherie et poissonnerie. Neuf procédures contentieuses ont déjà été engagées pour de fausses indications d’origine, des labels utilisés à tort ou des mentions locales trompeuses.
Jusqu’à 300 000 euros d’amende
Le préfet rappelle que ces pratiques peuvent coûter cher. En cas de pratiques commerciales trompeuses, les sanctions peuvent aller jusqu’à 300 000 euros d’amende et deux ans de prison. Le montant de l’amende peut même être augmenté, en fonction du chiffre d’affaires de l’enseigne ou des bénéfices tirés de la pratique contestée.
Les contrôles vont donc se poursuivre. Ils porteront notamment sur l’affichage obligatoire de l’origine, la véracité des mentions comme « local », « fermier », « bio » ou « artisanal », et plus généralement sur toute présentation pouvant induire le consommateur en erreur.
Au-delà du rappel à la loi, le préfet encourage les distributeurs à travailler davantage avec les producteurs locaux, afin de mieux valoriser les produits du territoire et de garantir une rémunération plus juste aux agriculteurs.
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