Un débrayage ce lundi à la prison de Béthune après deux agressions de surveillants dans le sud

Actus. Après de nouvelles agressions en détention, l’UFAP UNSa et FO Justice appellent à une mobilisation nationale, un mouvement qui sera suivi à la maison d’arrêt de Béthune.

Un débrayage ce lundi à la prison de Béthune après deux agressions de surveillants dans le sud
La maison d'arrêt de Béthune - Clément Demazure

Les syndicats UFAP UNSa et FO Justice appellent à une mobilisation nationale des personnels pénitentiaires après deux agressions graves survenues ces derniers jours dans des établissements du sud de la France. À Béthune, la maison d’arrêt s’inscrira dans ce mouvement national. L'UFAP UNSa et FO Justice vont organiser un débrayage ce lundi à 6h45 et à 13h par solidarité avec les personnels agressés et pour dénoncer des conditions de travail jugées de plus en plus dangereuses.

Deux agressions en quelques jours

Dans un communiqué, l’UFAP UNSa Justice revient d’abord sur les faits du 9 janvier 2026 au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes. Ce jour-là, un détenu multirécidiviste, décrit comme violent et instable, a tenté d’assassiner plusieurs agents armé de ciseaux. Touchés au cou et au front, les personnels n’ont dû leur survie qu’à « une part de chance » et à l’intervention de collègues, saluée par le syndicat pour leur « professionnalisme et leur sang-froid exemplaire ».

Quelques jours plus tard, un nouvel incident grave s’est produit au centre de détention de Salon-de-Provence. Un détenu présentant de lourds troubles psychiatriques a poignardé un élève surveillant à la gorge lors de la distribution des repas. « Un collègue en formation, exposé en première ligne, sacrifié sur l’autel de l’inaction de l’État », dénonce l’organisation syndicale.

Pour l’UFAP UNSa Justice, ces agressions illustrent une situation devenue « intenable » dans les prisons françaises. Le syndicat pointe une surpopulation carcérale massive, avec « 24 000 détenus en trop », plus de « 6 000 matelas au sol », plus de « 4 000 postes vacants » et des personnels « épuisés, exposés et agressés quotidiennement ».

L’organisation rappelle avoir obtenu, lors d’un échange avec le ministre de la Justice à Vendôme, un accord de principe sur l’expérimentation d’établissements spécialisés et adaptés pour les détenus aux profils psychiatriques lourds ou violents. Mais elle estime que ces engagements restent sans traduction concrète. « Une parole n’est pas un acte. Les mots n’ont jamais protégé personne », affirme le syndicat.

FO Justice, de son côté, réclame « le déploiement immédiat des caméras-piétons et des pistolets à impulsion électrique, une réponse politique ferme face aux violences liées aux troubles psychiatriques et une priorité absolue contre les livraisons par drones ».

Une moblisation nationale

Face à ce qu’il qualifie d’inaction de l’État, l’UFAP UNSa et FO Justice appellent à des débrayages, blocages et actions collectives, laissant aux personnels le choix des modalités de mobilisation. Objectif affiché : exiger la mise en œuvre immédiate d’établissements spécialisés afin de protéger les agents et de soulager les détentions classiques.

« La protection des personnels pénitentiaires est un devoir de l’État », conclut l’UFAP UNSa Justice, « le nôtre est de le lui rappeler haut et fort »

De son côté, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réagi sur les réseaux sociaux. Dans une publication, il indique avoir donné instruction à l’administration pénitentiaire pour permettre la dotation en bombes incapacitantes de l’ensemble des personnels de surveillance. Cette décision, prise « en accord avec les demandes des organisations syndicales », doit s’accompagner d’un déploiement établissement par établissement et d’une modification rapide du décret en vigueur afin d’en permettre l’application.

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