La cérémonie des vœux du collectif citoyen Osons pour Hénin-Beaumont a rassemblé une centaine de personnes ce samedi 17 janvier. À cette occasion, Inès Taourit, 31 ans, conseillère municipale d’opposition depuis 2020 et tête de liste a rappeler son objectif de convaincre afin de ravir la mairie au Rassemblement national, au pouvoir dans la commune depuis 2014.
Miser sur les absentionnistes
Hénin-Beaumont est dirigée depuis plus de dix ans par le maire RN, Steeve Briois. Le collectif qui rassemble les partis de gauche et écologistes hors LFI entend une nouvelle fois proposer une alternative, en misant notamment sur la mobilisation des abstentionnistes. « Le vrai sujet à Hénin-Beaumont, c’est que les gens sont découragés. C’est pour ça qu’il y a une forte abstention », affirme Inès Taourit.
Selon elle, le Rassemblement national ne bénéficierait pas d’un soutien aussi large qu’il n’y paraît. « Sur 17 000 électeurs, ils n’ont fait que 5 700 voix à la dernière municipale », rappelle-t-elle, estimant qu’« une partie de l’électorat qui voudrait voir autre chose ne se déplace pas, parce qu’il pense que ça ne sert à rien ».
La candidate insiste sur sa volonté de mener une campagne axée sur les projets municipaux plutôt que sur l’opposition idéologique. « Nous, ce n’est pas une logique antifasciste, c’est projet contre projet », explique-t-elle, tout en critiquant « des méthodes très autoritaires » de la majorité actuelle.

« Un besoin de changement »
Le slogan de la liste, « Redonner la parole aux habitants », traduit une critique récurrente formulée par l’opposition. « La parole est totalement muselée. Le maire ne reçoit personne et les gens ont peur de parler », estime Inès Taourit, évoquant un climat de crainte parmi les habitants et le tissu associatif.
Si elle reconnaît l’existence d’une adhésion réelle au Rassemblement national à Hénin-Beaumont, la candidate remet en cause le bilan social de la municipalité. « On parle souvent d’un RN social, mais quand on regarde ce qui est fait ici, avec la délégation de services publics au privé et les atteintes au pouvoir d’achat, on voit que c’est une supercherie », affirme-t-elle.
Inès Taourit dit percevoir « un besoin de changement » sur le terrain, y compris parmi des électeurs ayant voté pour Steeve Briois par le passé. Elle souligne toutefois la difficulté de renverser une situation installée depuis plus d’une décennie. « On ne convaincra pas tout le monde en une campagne. Il faut s’inscrire dans la durée. »
Marine Tondelier en soutien
La cérémonie des vœux s’est également tenue en présence de Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts et conseillère municipale d’opposition à Hénin-Beaumont. Contrairement à 2020, elle n'est pas tête de liste pour cette élection et apporte son soutien à Inès Taourit. « Je suis en soutien absolu de cette liste de gauche et écologiste, hyper soulagée d’avoir pu passer la main dans de bonnes conditions à quelqu’un en qui j’ai toute confiance », a-t-elle déclaré.
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Marine Tondelier estime que le contexte électoral laisse une marge de progression à l’opposition. « Quand on regarde la participation, sur dix personnes à Hénin-Beaumont, il n’y en a que trois qui ont réellement voté pour Steeve Briois », avance-t-elle, mettant en avant des propositions axées sur « l’écoute des habitants », la jeunesse, la culture, la sécurité et la vie sociale.
Concernant sa propre implication, elle précise ne pas vouloir occuper le devant de la scène. « Inès n’a pas besoin de moi comme béquille. Elle est élue depuis 2020, elle est sur le terrain et les gens la connaissent », assure-t-elle.
À ce stade, le maire sortant Steeve Briois n’a pas encore officialisé sa candidature pour les municipales de 2026. Il pourrait toutefois le faire à l’occasion de la cérémonie des vœux de la Ville, prévue ce dimanche 25 janvier à 11 heures, à la salle de l’Abbaye.
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