« On ne sait plus quoi faire ». Voilà les mots prononcés par Christophe Blondel, secrétaire adjoint de la CGT du centre hospitalier de Béthune-Beuvry après une nouvelle matinée d'« enfer » vécue au sein du service des urgences ce jeudi.
Depuis le début de l'année, les agents de l'hôpital font face à un nouvel afflux massif de patients. Seulement, les places ne sont pas illimitées au sein du service. Faute de prise en charge rapide, certains sont contraints d'attendre assis par terre le temps qu'une place se libère...
Pour Christophe, la situation est critique. « Ce matin, 48 patients, plus de brancards, plus de chaises [...] Les patients étaient assis par terre. En fin de matinée, les pompiers ne pouvaient même plus faire rentrer les personnes tellement on était saturé », déplore le secrétaire de la CGT de l'hôpital.
La grève des médecins et la grippe en cause
Pour lui, plusieurs facteurs expliquent cette affluence. « On est en pleine épidémie de grippe dans le territoire donc on a une augmentation des hospitalisations et des charges de travail [...] Il y a aussi la grève des médecins libéraux qui amène les patients à venir chez nous ».
Alors que les urgences sont saturées, l'hôpital doit aussi faire face à des capacités réduites. En effet, plusieurs lits ont récemment fermé. Ces fermetures, décidées dans un contexte de pénurie de personnel médical et de restrictions budgétaires, créent un effet domino : « les patients restent bloqués aux urgences, les brancards s'accumulent, et les équipes travaillent dans un état de tension extrême », partage la CGT du centre hospitalier dans un communiqué.
Ce phénomène est le reflet d'un manque de surveillance observé à l'échelle nationale. En effet, dans la nuit du 11 au 12 janvier, deux patients du CHU de Rennes ont perdu la vie. Ces derniers attendaient d'être soignés. « Nos couloirs sont pleins à craquer [...] Si on ne fait rien, ça pourrait arriver chez nous aussi », partage Christophe Blondel.
Des infirmiers au bout du rouleau
Du côté des infirmiers, le constat est le même. Certains ont même l'impression de ne pas respecter les patients. « On met les gens en difficulté, on met les soignants en difficulté, on est maltraitant avec les patients parce qu'on a pas les moyens nécessaires pour les soigner dans de bonnes conditions [...] On doit retirer des personnes de leur lit et les installer sur des tabourets alors qu'ils ne vont pas bien [...] On est obligé de faire un choix : on regarde qui va le moins bien », témoigne une infirmière du centre hospitalier.
Ces derniers sont quotidiennement débordés : « On n'a même plus temps de faire nos besoins, de manger, de s'hydrater [...] À chaque fin de poste, on est en hypoglycémie. C'est invivable », partage cette dernière qui a souhaité rester anonyme.
La CGT tire la sonnette d'alarme
Face à cette situation la CGT demande la réouverture immédiate des lits fermés, des renforts humains en urgence accompagnés d'un plan d'urgence pour désengorger les urgences. « On veut que le gouvernement réalise à quel point la situation est dramatique dans les hôpitaux. On est en train de tuer nos hôpitaux et nos patients et on ne veut pas être garants de ça », partage Christophe Blondel.
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