La rentrée scolaire 2026 s’annonce déjà marquée par les suppressions de postes annoncées par le ministère. Présentés lundi aux organisations syndicales, les chiffres font état d’« une saignée sans précédent » dans les établissements scolaires, selon les syndicats.
L’académie de Lille la plus touchée
Dans le premier degré, l’académie de Lille perdra 265 postes d’enseignants, soit le double des suppressions enregistrées l’an dernier. Une baisse significative qui se traduira mécaniquement par des fermetures de classes dans de nombreuses écoles du territoire. « On le redoute fortement », nous explique-t-on du côté du SNUipp du Pas-de-Calais.
La situation est similaire dans le second degré, avec 190 postes supprimés dans l’académie. Là encore, Lille arrive en tête des académies les plus impactées, devant la Normandie ou la Bretagne. Seules quatre académies sur trente verront leurs effectifs d’enseignants du secondaire augmenter : Créteil, Versailles, Lyon et Mayotte.
Face à ces annonces, les syndicats dénoncent une rentrée qu’ils qualifient déjà de « sanglante ». Le premier syndicat du primaire s’est dit « abasourdi », pointant une dégradation inévitable des conditions d’enseignement et d’apprentissage.
« Un écran de fumée sur le plan politique »
Au SNES-FSU, la critique est particulièrement sévère. Jean-François Caremel, secrétaire académique du syndicat à Lille, dénonce une stratégie politique visant, selon lui, à détourner le débat de la question des moyens. Au même moment, la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et l’usage du téléphone portable dans les lycées a été votée à l’Assemblée nationale.
« Pour nous, il y a un écran de fumée sur le plan politique. Il y a une stratégie médiatique qui consiste à attirer l’attention sur la question des téléphones, sans mettre de moyens, alors qu’au même moment on annonce qu’on va retirer des moyens au second degré », affirme-t-il.
« Ce n’est pas un hasard. Il y a quelque chose d’organisé en termes de communication pour éviter de parler de cette question des moyens. Défendre l’idée que les jeunes doivent être moins exposés aux réseaux sociaux, c’est louable. Mais si on veut vraiment préserver leur santé mentale, il faut se pencher sur la vie des élèves dans les établissements, quand les classes sont surchargées et que les personnels sont en nombre insuffisant », insiste Jean-François Caremel.
Si le ministère de l’Éducation nationale justifie ces ajustements par la baisse démographique du nombre d’élèves, il met également en avant l’arrivée de 8 000 nouveaux fonctionnaires stagiaires, chargés de classes à mi-temps tout en poursuivant leur formation. Un argument qui peine à convaincre les représentants du personnel.
Ces annonces laissent présager des mobilisations locales dans les écoles, collèges et lycées dès les prochaines semaines, alors que la communauté éducative redoute déjà une rentrée sous haute tension dans le Pas-de-Calais et le Nord.
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