Le maire de la ville d’Avion, Jean Létoquart, prend position dans le débat national autour de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d'Amérique du Sud, le Mercosur. À la mi-février, une motion sera soumise au vote du conseil municipal visant à interdire au prestataire de la commune l’utilisation de viandes pouvant provenir de cet accord commercial, notamment du bœuf sud-américain.
Le maire également vice-président de la communauté d’agglomération de Lens-Liévin, assume pleinement cette démarche. Pour l’élu, il serait incohérent de servir dans les cantines scolaires une viande ayant parcouru plusieurs milliers de kilomètres alors que des producteurs français et européens peinent à vivre de leur travail. « Il n’y a rien de plus absurde que de mettre dans l’assiette de nos enfants un bifteck qui a fait 8 000 kilomètres », estime-t-il, évoquant une décision à la fois symbolique et politique dans un contexte de fortes tensions autour du Mercosur.
Un soutien aux agriculteurs
Au-delà du symbole, la municipalité revendique un soutien concret au monde agricole. « Les discours, c’est bien, mais il faut des actes », insiste Jean Letoquart. Selon lui, les collectivités ont une responsabilité en tant que consommatrices, notamment dans la restauration collective. « Refuser certaines viandes, c’est envoyer un signal clair aux fournisseurs et garantir des débouchés aux agriculteurs locaux et nationaux. » nous explique t-il.
Actuellement, la ville d’Avion a déjà engagé une démarche en ce sens. Dans le cadre d’un marché public signé pour plusieurs années, la viande servie dans les écoles est aujourd’hui composée à plus de 80 % de produits français, le reste provenant d’autres pays européens. Le contrat inclut également des critères liés au bio, aux circuits courts et à la qualité des produits, aussi bien pour la viande que pour les légumes.
Pas d’impact sur le coût des repas
La question du coût, souvent avancée dans ce type de débat, est relativisée par le maire. Le prix du repas étant fixé sur la durée du marché public, le choix éventuel d’une viande moins chère importée n’aurait, selon lui, aucun impact sur le tarif payé par la collectivité ou les familles. « Si un fournisseur choisissait une viande moins chère venue d’Amérique du Sud, ce serait uniquement pour augmenter sa marge », affirme-t-il, évoquant également le coût social d’un agriculteur contraint de cesser son activité.
Le maire rappelle que la ville d'Avion a inauguré une ferme urbaine produisant des légumes bio et locaux, en partie destinés à la cantine scolaire, tout en favorisant l’insertion professionnelle. Si la commune reconnaît ne pas avoir les moyens d’atteindre le 100 % bio ou circuit court, elle affirme tendre vers cet objectif autant que possible, avec une priorité donnée aux produits français ou européens respectant des critères environnementaux stricts.
Pour Jean Létoquart, « refuser les viandes issues du Mercosur, c’est agir à la fois pour l’emploi local, l’environnement et la santé des enfants. » Une position que le conseil municipal devra officiellement entériner lors du vote prévu le mois prochain.
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.