L'enivrante odeur de l'essence. En entrant dans le couloir qui mène au garage de Thibault, le parfum du sport mécanique se fait immédiatement sentir. Penché sur sa motocross refaite à neuve, Thibault Colbaut, 22 ans, finit les derniers préparatifs : « Je reçois mon kit déco avec les sponsors demain » se réjouit-il, lui qui a tant travaillé sur cette nouvelle Yamaha 250 YZF qui devra l'emmener au bout de l'Enduro cette fois-ci : « J'ai entièrement refait l'intérieur du moteur » précise Thibault, qui espère que ce dernier ne lui fera pas à nouveau défaut.
Une première expérience avortée
C'est en effet la deuxième édition de l'Enduropale du Touquet à laquelle participera l'Auchellois du 13 au 15 février. L'année dernière, pour sa découverte de la course mythique, il avait dû abandonner après avoir complété un tour seulement. Il raconte : « J'arrive à faire ma première boucle en 25 minutes, ce qui était correct. Je passe au ravitaillement. Je fais un débrief vite fait à mon père et à ma copine qui étaient au stand. Je repars. » Jusqu'alors, tout se passe pour le mieux pour le jeune homme, quand soudainement « le moteur a commencé à claquer, et j'ai très vite dû arrêter la course » déplore Thibault. C'est l'incompréhension pour le jeune sportif : « j'avais un goût de haine, de rancœur, de colère. Parce qu'au final, moi, physiquement, je me sentais au top de ma forme. »

Le petit atelier de Thibault : remarquez la large caisse à outils sur la droite de l'image, avec laquelle il a travaillé sur le moteur de sa Yamaha. © Thomas Leroux
Le natif de l'Artois ne cache pas non plus qu'il s'agit de sa passion d'enfance : « Depuis l'âge de 7 ans, j'ai écumé les deux-roues, de la plus petite moto à celle-ci. C'est mon père qui m'a transmis cette passion pour la mécanique. Mon frère et moi avons chacun reçu une moto plus jeune. Puis j'ai accroché, j'ai suivi. Toute mon enfance, mon adolescence, je l'ai passée dans les motos. »
La course pour une cause
Rider au grand cœur, Thibault Colbaut a aussi su associer sa passion à une cause noble l'année passée, en déléguant une partie de la cagnotte qu'il a reçu pour l'édition précédente à la cause d'Aëla. Atteinte d'une tumeur au cerveau, cette enfant de 5 ans nécessitait une opération coûteuse aux Etats-Unis : « je suis tombé sur un post Facebook de cette fille un peu par hasard, ça m'a vraiment touché... et puis je me suis dit pourquoi pas faire l'Enduropale pour une cause. C'est une maladie dont on parle peu, et je voulais lui apporter mon soutien comme je pouvais. » Malgré l'abandon qui a limité ses revenus d'après-course et le coût important du sport automobile (qui a motivé la création de sa page Facebook Team Thibault MX) le jeune homme a réussi à récolter 80 euros pour Aëla. La maladie a malheureusement « pris le dessus » cette année, précise Thibault avec de l'émotion.

Le casque de motocross de Thibault, à travers la visière duquel il espère bien voir l'arrivée cette fois-ci. © Thomas Leroux
Aujourd'hui pleinement concentré sur son objectif et se préparant « comme un pilote professionnel » entre séances de course à pied et entraînements à Loon-Plage, Thibault vise une course complétée cette-fois-ci. « Pourquoi pas arriver dans les 800 premiers » accorde-t-il également, en précisant que la moto est bien plus moderne et performante que celle qui lui a fait défaut l'année dernière, une monture qui avait « près de 15 ans d'âge ».
Séance dédicaces
Pour soutenir Thibault, déjà bien épaulé par ses nombreux sponsors tels que le spa Aux bulles de l'Artois d'Auchel, le club de sport de l'Union Professionnelle Auchelloise ou encore la boucherie Derenty « Chez Corentin », rendez-vous le 7 février au Super U d'Auchel. Le jeune sportif y sera présent, accompagné de sa moto décorée aux couleurs de son dossard pour cette édition : le numéro 1094 !
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