Affaire des assistants parlementaires européens : le procès en appel de Marine Le Pen s’ouvre ce mardi

Actus. Condamnée à cinq ans d’inéligibilité en première instance, la députée du Pas-de-Calais et présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale joue sa candidature à la présidentielle de 2027.

Affaire des assistants parlementaires européens : le procès en appel de Marine Le Pen s’ouvre ce mardi
Marine Le Pen - Shutterstock

Marine Le Pen joue, à compter de ce mardi 13 janvier, une partie décisive de son avenir politique. La députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais et cheffe de file du RN à l’Assemblée nationale comparaît devant la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Un dossier judiciaire aux conséquences potentiellement déterminantes pour sa participation à l’élection présidentielle de 2027. Le procès doit durer un mois et la décision de la cour d’appel n’est pas attendue avant l’été.

Un enjeu politique majeur

Condamnée en première instance en mars dernier pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen avait écopé de quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, de 100 000 euros d’amende et surtout de cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.

Si Marine Le Pen conserve son mandat de députée du Pas-de-Calais, cette peine l’empêche à ce stade de se présenter à toute nouvelle élection, y compris à la présidentielle. L’ouverture du procès en appel constitue donc sa dernière véritable opportunité judiciaire de revenir dans la course.

Plusieurs scénarios possibles

Le scénario le plus favorable serait une relaxe, qui permettrait à Marine Le Pen d’être totalement blanchie et de retrouver immédiatement sa capacité à concourir à l’élection présidentielle de 2027.

Autre possibilité : une condamnation confirmée, mais sans exécution immédiate de la peine d’inéligibilité. Dans ce cas, un pourvoi en cassation suspendrait l’application de la sanction jusqu’à une décision définitive. La Cour de cassation a d’ailleurs indiqué qu’elle s’efforcerait, si elle était saisie, de rendre son arrêt avant la présidentielle. Une issue qui laisserait à Marine Le Pen une fenêtre étroite mais réelle pour mener campagne, avec toutefois le risque permanent d’un coup d’arrêt judiciaire en cours de route.

À l’inverse, si la cour d’appel confirmait une peine d’inéligibilité de cinq ans avec application immédiate, la présidente des députés RN serait définitivement écartée de la présidentielle de 2027. Le parti serait alors contraint de se tourner vers son président, Jordan Bardella, pour porter ses couleurs.

Enfin, une option intermédiaire existe : une peine d’inéligibilité réduite à moins de deux ans. Dans cette configuration, la sanction pourrait être considérée comme déjà purgée, permettant à Marine Le Pen de se présenter malgré une condamnation judiciaire toujours lourde sur le plan symbolique.

Au-delà du sort personnel de Marine Le Pen, ce procès en appel revêt une portée politique majeure. Il pourrait redessiner en profondeur le paysage de la présidentielle de 2027 et accélérer, ou non, la transition générationnelle à la tête du Rassemblement national.

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