De nombreux cabinets médicaux resteront fermés jusqu’au 15 janvier dans la région. Depuis ce lundi 5 janvier, consultations et opérations programmées ne sont plus assurées par des milliers de médecins libéraux. Les praticiens s’opposent à plusieurs mesures votées dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026.
« Mépris pour la médecine libérale »
Parmi les dispositions contestées, figure la possibilité pour l’Assurance maladie de contourner le dialogue social afin de baisser les tarifs de certains actes. Le budget de la Sécurité sociale prévoit aussi de limiter la prescription et la durée des arrêts maladie. Les médecins libéraux dénoncent également une nouvelle obligation liée au Dossier médical partagé (DMP), qui leur impose des tâches administratives supplémentaires.
Le mouvement s’annonce d’ampleur : l’ensemble des syndicats de médecins libéraux a décidé de se mobiliser. C’est le cas du docteur Joël Chazerault, médecin vasculaire à Lens et président du Syndicat des médecins libéraux (SML) du Pas-de-Calais. Il craint une remise en cause de la liberté d’exercice. « Le gouvernement a enterré la convention qui date de 1971. Ces mesures sont décidées sans concertation ni discussion. C’est choquant. Jamais on n’est allés aussi loin dans le mépris et l’insulte », confie-t-il.
Une intersyndicale unie
La grève, qui passe notamment par la fermeture des cabinets pendant dix jours, est « très suivie », selon le SML du Pas-de-Calais. « La défense de la médecine libérale nous rassemble, même au-delà des différends entre syndicats », souligne Joël Chazerault, avant d’ajouter : « C’est une première. Quand tout le monde est d’accord, cela signifie que le gouvernement a tort et que le budget est mal conçu. »
Conséquence directe de cette grève : de nombreuses consultations ne sont plus assurées. « Sans médecin, les patients vont se tourner vers les urgences, déjà saturées », alerte le praticien lensois. Sans compromis avec le gouvernement, le mouvement pourrait se prolonger au-delà du 15 janvier et reprendre « de façon perlée », selon lui. En attendant, une grande manifestation des médecins est prévue à Paris samedi prochain.
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