Béthune : Black Star demande une procédure de sauvegarde, l’avenir du site en suspens

Actus. Implantée à Béthune après la fermeture de Bridgestone, l’entreprise de pneus reconditionnés Black Star a demandé son placement en procédure de sauvegarde. Le retrait de l’actionnaire Mobivia menace 150 emplois, un repreneur est recherché.

Béthune : Black Star demande une procédure de sauvegarde, l’avenir du site en suspens
Black Star cherche un repreneur - Facebook

Coup dur pour le site industriel de Béthune. Black Star, première entreprise à s’être installée sur l’ex-site Bridgestone après sa fermeture il y a cinq ans, a sollicité ce mercredi l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce d’Arras. L’audience est prévue ce vendredi. En cause : des difficultés de trésorerie persistantes et le désengagement de son actionnaire principal, le groupe Mobivia, qui ne souhaite plus attendre un retour à la rentabilité.

Un repreneur recherché

Spécialisée dans le reconditionnement de pneus sous la marque Léonard, l’entreprise emploie environ 150 salariés à Béthune et a bénéficié de près de 30 millions d’euros d’investissements depuis son implantation. Si la procédure de sauvegarde est confirmée, elle permettra de suspendre les dettes et de placer l’entreprise sous observation pendant quatre mois, période durant laquelle un repreneur sera recherché. Mobivia a indiqué pouvoir soutenir financièrement Black Star sur cette durée.

« C'était assez soudain »

Sur le site, l’annonce a été vécue comme un choc. « Le directeur nous a convoqués mercredi à 13 heures pour nous annoncer ça. C’était assez soudain. On connaissait les difficultés, mais on ne s’attendait pas à une possible fermeture », nous confie un salarié. Tous pointent une concurrence internationale particulièrement rude. « Quand vous avez un pneu neuf asiatique à 55 euros face à notre pneu reconditionné à 70 euros, les gens choisissent le moins cher. Pourtant le nôtre dure plus longtemps et il est garanti quatre ans », déplore-t-il.

Les salariés dénoncent également des règles censées protéger la filière mais qu’ils estiment insuffisamment appliquées. « La loi AGEC prévoit que les pneus usagés soient collectés sans frais par les éco-organismes. Pourtant, aujourd’hui, on paye encore 9 euros par pneu », ajoute ce même salarié, soulignant l’impact direct sur les coûts de production.

Les élus réagissent

Le maire de Béthune, Olivier Gacquerre, s’est dit profondément touché par cette annonce, évoquant une blessure encore vive dans la ville. « J’ai l’impression que la cicatrice de Bridgestone se rouvre », a-t-il déclaré. Pour l’élu, le retrait de Mobivia met en lumière la fragilité du modèle économique, pris en étau entre la concurrence asiatique et des coûts d’approvisionnement trop élevés. Il appelle à des mesures rapides de protection des marchés et à des ajustements réglementaires, demandés depuis plusieurs mois aux services de l’État, sans réponse à ce stade.

Le préfet du Pas-de-Calais a assuré suivre « attentivement » la situation. Rappelant que l’État a soutenu Black Star à hauteur de 1,6 million d’euros via le plan France Relance, il annonce la tenue d’une réunion la semaine prochaine avec l’entreprise et l’ensemble des partenaires. « Nous avons quatre mois pour agir », a-t-il déclaré.

La députée RN du Pas-de-Calais, Caroline Parmentier, a également réagi, affirmant être « aux côtés des salariés de Black Star », et indique avoir alerté le gouvernement. « Il ne reste que quatre mois pour trouver un repreneur et sauver Black Star », insiste-t-elle.

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